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Robotisation = optimisation

Par : Eric Cloutier

L’optimisation de performance dans la chaîne d’approvisionnement et logistique – qu’il s’agisse de la chaîne d’approvisionnement mondiale, d’une chaîne propre à un ou des manufacturiers et aux tierces parties logistiques (3PL) avec lesquelles ceux-ci font affaire – s’avère être un thème récurrent dans les conférences et congrès annuels d’associations œuvrant dans ces domaines et dont des publications spécialisées telles que Gestion & Logistique assurent la couverture année après année. Cependant, un des aspects de l’optimisation encore trop peu abordés dans ces conférences et congrès demeure la robotisation de la chaîne de production dans les usines.

Au Québec du moins et ce depuis les quatre dernières années, rares sont les événements qu’a couverts Gestion & Logistique au cours desquels ce thème a été évoqué dans des congrès, colloques, conférences ou expositions.

Depuis l’arrivée de l’auteur de ces lignes au poste de directeur de la rédaction de cette publication en 2008 et sauf erreur, le thème de la robotisation en tant que tel dans ce type d’événements n’a été abordé qu’une seule fois, en mai dernier, lors du 1er Salon de la chaîne d’approvisionnement organisé par APICS-Montréal (Association mondiale pour la gestion des opérations) au Palais des congrès de Montréal. Et encore, la question n’a été soulevée que dans le cadre de discussions informelles que certains représentants d’entreprises exposantes (notamment ceux de la firme KPMG) ont eu avec les visiteurs du salon et parmi lesquels se trouvaient certains membres du personnel du magazine.

La mise en place de convoyeurs automatisés dans certaines usines et centres de distribution demeure la forme la plus courante d’automatisation implantée dans les milieux manufacturiers et ceux de l’entreposage et de la distribution. À ce chapitre, Gestion & Logistique a été un témoin privilégié de certains projets instaurés par des compagnies telles que Clarins Canada, un distributeur de produits cosmétiques basé à Laval par exemple. Clarins Canada a aménagé un tel convoyeur dans l’aire d’expédition de ses marchandises voilà environ trois ans.

Oui, le convoyeur automatisé demeure la forme la plus visible d’automatisation d’une chaîne de production ou d’expédition parce qu’il s’agit d’un appareil largement répandue dans plusieurs types d’industries manufacturières et de centre de distribution. Par contre, quand on parle d’optimisation de la chaîne d’approvisionnement et logistique, l’amélioration des processus ne se limite pas qu’à l’implantation ou à la réactualisation de systèmes de gestion d’entrepôt (WMS pour l’appellation anglaise «warehouse management systems») ou encore à disposition des systèmes de palettisation («racking systems»).

Plus récemment et dans l’ensemble de l’aire de production de ses installations de Terrebonne, l’usine IME a vraiment constitué l’un des exemples les plus marquants de robotisation illustré par Gestion & Logistique. Spécialisée dans la construction d’habitations préfa-briquées, IME a investi 12 millions $ pour automatiser sa chaîne de préfabrication de panneaux d’habitation et en faire l’une des plus importantes chaînes du genre entièrement automatisées en Amérique du Nord.

Force est de constater que la robotisation d’une chaîne de production manufacturière a énormément d’impact sur l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement et de distribution d’une usine. L’exemple d’IME parle par lui-même, surtout lorsqu’une entreprise du genre vise entre autres à bénéficier au maximum des investissements d’un vaste chantier comme celui du Plan Nord et à devenir le chef de file dans le domaine de l’habitation durable usinée pour les plus grands projets de construction à travers le monde. Les 18 étapes de la chaîne de production étaient en cours de robotisation lors du passage de Gestion & Logistique à la mi-mars.

Cependant, les cas de Clarins Canada et d’IME figurent parmi les rares du genre à avoir fait l’objet de reportages. Il ne s’agissait toutefois pas d’articles rédigés à la suite d’un colloque ou d’une conférence, mais plutôt de portrait journalistiques d’entreprises réalisés respectivement dans le centre de distribution de Clarins Canada et l’usine IME.

«En un quart de travail de huit heures, l’entreprise peut produire 2000 pieds linéaires de panneaux isolés structuraux ou encore quatre chambres d’hôtel. Et, une fois les plans finalisés, l’entreprise peut bâtir une maison complète de 1500 pieds carrés et moins en deux jours», faisait valoir IME au printemps dernier.

La robotisation devient un enjeu que plusieurs entreprises manufacturières n’auront pas le choix d’examiner au cours des prochaines années, et cela même si des décisions d’automatisation signifient des abolitions de postes ou des réaffectations d’employés sur des planchers d’usines. L’automatisation dans les PME manufacturières au Québec reste encore à développer.

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par Eric Cloutier

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