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En  uête de solutions

Avec le Technocentre en écologie industrielle et le Cégep de Sorel-Tracy, le CTTEI, rappelons-le, faisait partie du comité organisateur de la 3e Conférence internationale en écologie industrielle tenue les 14 et 15 octobre 2009 au Cégep de Sorel-Tracy. Claude Maheux-Picard, une ingénieure chimique dotée d’une maîtrise en vérification environnementale, faisait partie des conférenciers invités.

Pour Mme Maheux-Picard, l’écologie industrielle est une application du développement durable qui « apporte des solutions pour réconcilier l’industrie avec les enjeux environnementaux et qui vise à implanter des modes de production propres où les déchets, ainsi que les émissions néfastes à l’environnement, seront minimisés », comme elle le mentionnait dans l’amorce de sa conférence intitulée 
« Synergie des sous-produits à Bécancourt », le 15 octobre 2009.

Dans le résumé écrit de sa présentation, la directrice technique du CTTEI avait alors décrit et expliqué les phases de la mise en place de la première symbiose industrielle au Québec, celle de Bécancourt, en soulignant qu’une symbiose industrielle « consiste en un réseau d’entreprises maillées entres elles par des synergies, c’est-à-dire des échanges de matières (résidus de production), d’eau et/ou d’énergie provenant de leurs activités industrielles ». Elle ajoutait que le premier cas de symbiose industrielle au monde a été reconnu en 1995 sur le site industriel de Kalundorg au Danemark où neuf entreprises, à l’automne 2009, étaient maillées par diverses synergies. Depuis 1995, la mise en place d’une symbiose industrielle à Kalundorg aurait eu pour résultat une réduction de l’utilisation d’eau estimée à 3 000 000 de m3 par an et de la consommation de pétrole de 20 000 tonnes par année.

Selon Mme Maheux-Picard à l’époque, 12 entreprises participaient au projet de symbiose industrielle dans le parc industriel et portuaire de Bécancourt. Pour ces 12 entreprises, 102 offres et 32 demandes de matières avaient été recensées, tandis que 39 synergies potentielles entre ces entreprises avaient alors pu été identifiées.

« Il a été estimé que la concrétisation de l’ensemble des synergies proposées représentait une valeur de 1,6 million de dollars et un gain minimal de 2000 tonnes équivalent carbone par an », poursuivait la directrice technique du CTTEI dans l’aperçu de sa conférence.

« La mise en place d’une symbiose industrielle permet, entre autres, de créer de nouveaux liens d’affaires entre les entreprises et de réduire les frais d’achat de matières neuves pour celles qui intègreront des matières résiduelles à leur production. La gestion des matières est alors optimisée et peut générer de nouveaux revenus pour l’entreprise productrice par la revente de matières ou, du moins, éviter le coût d’élimination de certaines d’entre elles. En outre l’impact de leurs activités sur l’environnement est réduit par la diminution du volume de matières envoyées à l’enfouissement, par la préservation des matières premières non renouvelables et par la réduction des gaz à effet de serre associés au transport », écrivait-elle encore.

La démarche pour la mise en place de la symbiose industrielle de Bécancourt a été constituée en cinq étapes et se poursuit toujours : 1-recrutement des entreprises; 2-collecte d’informations (eau, énergie, matières résiduelles); 3-proposition des synergies et validation via un site Internet; 4-calcul des gains économiques et environnementaux; 5-proposition d’entreprises complémentaires.

Si le projet de symbiose industrielle de Bécancourt est le premier au Québec à avoir été identifié sous cette appellation, il n’est pas nécessairement le plus avancé ni le plus ancien. Trois autres projets de symbioses industrielles sont présentement en cours à Sorel-Tracy, Rivière-du-Loup et Lanaudière. Lancé officiellement en mars 2010, celui de Sorel-Tracy existe dans les faits et informellement depuis une vingtaine d’années selon Mme Maheux-Picard. Quant à ceux de Rivière-du-Loup et de Lanaudière, leurs premiers balbutiements remontent respectivement à avril et juillet 2010. Ces deux projets font suite à une volonté exprimée par des industriels de ces deux régions.

Le résumé des quatre projets de symbioses fera partie du second article de cette série.

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Éditorial
par Eric Cloutier

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