
L’art de marier logistique et cosmétiques selon Julie Champagne
Par : Eric Cloutier
Ces deux types de planification, bien que totalement distincts l’un de l’autre, mettent en lumière deux qualités que Mme Champagne estime essentielles dans son travail au sein de la division canadienne d’une multinationale française et chef de file mondial dans les produits de soins de santé haut de gamme : le souci du détail et la capacité d’organisation des éléments selon une vision d’ensemble.
Pour l’héritière d’une passion que nourrissait son père, un ancien planificateur chez Pétro Canada aujourd’hui retraité, la gestion des opérations l’anime non seulement dans son emploi, mais dans sa vision d’elle-même en tant que logisticienne dans une entreprise où deux réalités normalement opposées s’avèrent complémentaires, où chariots élévateurs et systèmes de palettisation cohabitent avec parfums et produits cosmétiques.
Julie Champagne compte plus de 15 ans d’expérience en centres de distribution. Elle a amorcé sa carrière à l’Institut des banquiers canadiens où elle a d’abord oeuvré à titre d’assistante administrative. Un poste de coordonnatrice en centre de distribution a ensuite été affiché et elle l’a obtenu. C’est à ce moment qu’elle a eu le coup de foudre pour la logistique.
À la même époque, elle commence à suivre des ateliers de formation avec APICS-Montréal (Association mondiale pour la gestion des opérations) et entreprend des études universitaires à temps partiel tout en travaillant.
« Je me suis dotée d’un baccalauréat par cumul de certificats. Le premier certificat était en administration de services. Je l’ai fait à l’Université McGill. Les deux autres ont été complétés à l’UQAM en administration générale et en gestion des opérations. À l’Institut des banquiers canadiens, on donnait de la formation aux banquiers pour différentes certifications. C’était une logistique en mode “juste-à-temps”, mais ce n’était pas trop gros. On avait surtout des livres spécialisés en inventaire, ainsi que des examens et des contenus pour des séminaires de formation, etc. Nous étions situés sur la rue Saint-Alexandre à Montréal. Notre mode de livraison “juste-à-temps”, était facilité par le fait que notre imprimeur logeait dans l’édifice voisin », souligne Julie Champagne.
Après sept ans, elle quitte cet emploi pour entrer chez Clarins Canada. Elle occupe d’abord un poste de planificatrice tout en poursuivant ses études universitaires par les soirs.
« Je suis à l’emploi de Clarins depuis 11 ans. Mon objectif était un jour d’occuper le poste que j’ai maintenant. J’ai gravi les échelons en prenant plus de responsabilités de façon graduelle. J’ai grandi dans le métier. Quand je suis arrivée chez Clarins, j’étais la seule planificatrice. Au fil du temps, j’ai pris en charge la gestion des stocks, la réception de marchandises, les retours, les commandes et les expéditions. Au cours des années, on a revu plusieurs facettes de notre logistique. Quand notre ancien directeur logistique nous a quittés, ses tâches ont été réparties et j’ai pris sa relève », souligne celle qui compte plus de cinq ans à titre de directrice logistique.
Plus de 50 % des fonctions de Julie Champagne se déroulent dans l’entrepôt où 30 employés s’affairent au stockage et à la distribution des produits.
« Quand je suis dans l’entrepôt, c’est mon côté gars qui ressort. J’aime l’action. En plus des 30 personnes dans l’entrepôt, j’ai deux assistantes et deux planificatrices sous ma supervision. Les assistantes s’occupent de la réception des marchandises, des codes d’inventaires et des questions de douanes. Les deux planificatrices, elles, sont en charge des prévisions d’achats et de l’approvisionnement », raconte encore Mme Champagne.
« Ce que j’aime avant tout, c’est la gestion des opérations. Je me suis rendue compte au fil des années qu’un bon logisticien doit être polyvalent, curieux et bon visionnaire. Il doit aimer changer des choses pour améliorer les opérations de l’entreprise », conclut-elle.













