
Tendances 2010 en matière de ventes de chariots élévateurs (1ère partie de 2)
Par : Eric Cloutier
Pour illustrer les explications de ces intervenants, Gestion & Logistique a choisi d’en présenter le contenu sous forme de questions-réponses. Les deux premiers intervenants sont Robin Tremblay, directeur général de Manutention Deval, et Daniel Côté, directeur des ventes Division manutention chez Wajax Industries (propos recueillis par Eric Cloutier) :
1) Quelles marques de chariots élévateurs votre entreprise distribue-t-elle?
Robin Tremblay : Équipement de Manutention Deval est le distributeur exclusif des produits TCM au Canada depuis 27 ans. Les marques distribuées sont TCM (chariots à combustion interne (propane et diesel) et chariots électriques) et Barrett (chariots électriques seulement).
Daniel Côté : En matière de manutention, nous distribuons des chariots élévateurs de marque Hyster. Wajax Industries est en fait le distributeur de produits Hyster pour l’ensemble du Canada, à l’exception de Terre-Neuve.
2) Votre entreprise a-t-elle lancé de nouveaux produits en vue de l’année 2010 ou prévoit-elle le faire sous peu?
Robin Tremblay : Oui, Équipement de Manutention Deval offrira de nouveaux produits en 2010. TCM vient de lancer trois chariots : 1-un chariot de trois roues électrique et de 4,000 lbs de capacité (auparavant TCM n’offrait que deux capacités, soit 3,200 et 3,500 lbs) ; 2-un chariot pneumatique électrique (trois roues contrebalancé / type avec conducteur assis) de 7,000 lbs de capacité ; 3-un chariot pneumatique propane et diesel de 7,000 lbs de capacité. De son côté, Barrett offre déjà le Série SCX Platinum, un chariot à trois roues contrebalancé électrique / type debout (3,000, 3,500 & 4,000 lbs de capacité). De plus, Barrett offrira bientôt trois autres séries de chariots: 1-Série SRX Platinum, un chariot à fourche rétractable simple (3500 et 4,500 lbs de capacité); 2-Série SRX Platinum : un chariot à fourche rétractable double profondeur (3,000 lbs de capacité) ; 3-une nouvelle version CA de ses produits existants tels que des préparateurs de commandes à bas niveaux et des tracteurs industriels.
Daniel Côté : Hyster dispose d’un gros centre de recherche en Orégon et propose de nouveaux modèles cette année. Nous avons le modèle E50XN (5000 lbs de capacité) à technologie AC et d’une capacité pouvant varier de 4500 livres à 7000 livres, ainsi qu’un chariot pour allées étroites, un modèle N34-45ZR Technologie AC, d’une capacité de 3500 à 4500 livres et disponible en simple et double portée.
3) En 2010, quels sont les types de chariots les plus demandés et utilisés par vos clients dans le secteur manufacturier?
Robin Tremblay : La tendance est à la hausse en matière de chariots électriques à trois et à quatre roues (pneus à bandage plein) dans différents types d’industries : automobile, alimentaire, etc.
Daniel Côté : Dans le secteur manufacturier, c’est sûr que les investisseurs ont davantage tendance à acheter des chariots électriques. Cependant, on vend aussi des chariots à combustion interne au gaz propane ou au diesel. Chaque client a des besoins spécifiques selon le type d’entreprise qu’il opère. Il est certain que les coûts d’opérations d’un chariot élévateur constituent un élément majeur dans le choix que fait un client à long terme et qu’un chariot électrique représente des coûts d’opérations moindres pour son propriétaire qu’un chariot au diesel ou au propane. Le chariot pneumatique électrique muni d’une batterie industrielle nous est demandé de plus en plus.
4) Quel est le pourcentage annuel correspondant à vos ventes de chariots élévateurs à essence par rapport au pourcentage de vos ventes de chariots électriques ?
Robin Tremblay : Les chariots électriques représentent 15% de nos ventes, comparativement à 85% pour les chariots à combustion interne (propane/diesel).
Daniel Côté : Hyster compte cinq classes de chariots élévateurs (*NDLR : plus de 120 modèles différents offrant une capacité entre 1500 et 105 000 lbs selon ce qu’on peut lire sur le site Web de Wajax Industries) : les chariots électriques à contrepoids, les chariots élévateurs pneumatiques à combustion interne, les chariots élévateurs à combustion interne et pneus à bandages pleins, les transpalettes et gerbeurs électriques, ainsi que les chariots élévateurs pour allées étroites (*NDLR : en plus des gros chariots élévateurs servant à la manutention intermodale pour conteneur ainsi que des chariots élévateurs à fourches de grandes capacités allant jusqu'à 105 000 lbs). Environ 60% des chariots électricité qu’on vend fonctionnent à l’électricité et 40% au propane ou au diesel.
5) Votre entreprise prévoit-elle développer de nouveaux créneaux de marchés spécialisés dans le secteur de la manutention en ciblant de nouvelles clientèles manufacturières?
Robin Tremblay : Oui. Deval est à la recherche d’une gamme de produits de chariots à pneus à bandage plein à grande capacité pour percer l’industrie des pâtes et papier.
Daniel Côté : Évidemment, nous ne sommes qu’un distributeur de chariots élévateurs. Cependant, Hyster poursuit ses recherches à long terme pour développer de nouveaux produits à la fois plus performants et toujours plus économiques. Dans l’industrie et à propos des nouvelles technologies, on entend de plus en plus parler des chariots munis de batteries au lithium. Ces batteries dureraient plus longtemps que les piles électriques standard et leur temps de recharge serait beaucoup plus rapide. Cette technologie est justement compatible pour des chariots utilisant des batteries standard à cellules d’hydrogène. Par contre, les batteries au lithium constituent une technologie encore trop récente et leur coût d’acquisition demeure actuellement très dispendieux. Les distributeurs de chariots élévateurs et les clients se montrent prudents et peu enclins à en acheter.
6) En termes de commercialisation de chariots élévateurs, comment s’annonce l’année 2010 par rapport à 2009?
Robin Tremblay : L’année 2010 s’annonce déjà meilleure que 2009. Il y aura lancement de plusieurs nouveaux produits (surtout électriques) chez nos 2 manufacturiers, TCM et Barrett. Quant aux ventes : on constate une reprise du secteur automobile en Ontario qui constitue un marché important pour nous. On espère être en mesure de présenter de meilleurs résultats qu’en 2009.
Daniel Côté : Ça s’annonce mieux. On a beaucoup de projets sur la table, mais on a ajusté nos budgets en conséquence de ce qui s’est passé en 2009.
7) Quelles conséquences a, pour votre entreprise et ses ventes, la hausse du dollar canadien par rapport à la devise américaine, puisque la devise canadienne devrait parvenir sous peu à la parité avec le dollar américain?
Robin Tremblay : Depuis les trois dernières années, la fluctuation de notre devise a crée une instabilité de nos prix de vente. Cela a eu pour conséquence deux impacts immédiats : 1- baisse des ventes : la hausse du prix des chariots neufs (fin 2008 / début 2009) a eu un effet à la baisse des ventes de produits neufs. En contrepartie, on a assisté à une hausse des ventes des chariots usagés ; 2-Impact sur la profitabilité (marges bénéficiaires) : pression à la baisse des prix (due à la récente remontée du dollar canadien) pour écouler notre inventaire acheté à coût élevé et faire place à du stock à moindre coût.
Daniel Côté : Ce n’est pas facile. Les investisseurs achètent davantage de chariots usagés que de neufs en raison de la hausse des prix de chariots neufs. Dans plusieurs cas, que ce soit des manufacturiers ou des fournisseurs (3PL) de services d’entreposage par exemple, les gens préfèrent conserver leurs chariots élévateurs et les faire réparer au besoin, et ce tant et aussi longtemps qu’ils le peuvent et que ça demeure budgétairement avantageux pour eux.
8) Comment réagit votre entreprise face à cette réalité pour demeurer concurrentielle?
Robin Tremblay : Nous sommes prudents dans l’achat de devises (pour nos besoins à court terme seulement). On doit tenter de garder notre inventaire le plus près possible au taux du marché, ce qui est très difficile dans une année de ralentissement économique, car les ventes stagnent et l’inventaire roule moins rapidement. Nous adoptons une stratégie agressive au niveau des prix et nous prévoyons un meilleur rendement à moyen ou long terme, en souhaitant une devise stable.
Daniel Côté : Il faut être inventif, surtout quand on a 50 ou 60 chariots en inventaires, et proposer des plans de financement agressifs et avantageux pour nos clients de façon à les inciter à acheter nos produits. Le défi, c’est de s’assurer de garder suffisamment chariots en inventaires pour répondre rapidement à tout genre de besoins exprimés par nos clients, mais sans pour autant se retrouver avec un nombre élevé de produits qui risquent de demeurer en stock trop longtemps. Le problème, c’est que la demande d’équipements à ajouter à un chariot élévateur varie selon le type d’entreprise qui l’achète et l’usage qu’elle compte en faire. Cela nous oblige à conserver un nombre suffisant en inventaires, autant neuf qu’usagers.
NDRL : Une autre entrevue questions-réponses fera l’objet d’un second article dans le numéro de mars-avril 2009 de Gestion & Logistique.













