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Une disparition discrète

Par : Eric Cloutier

« En réunion du Conseil d’administration le 13 janvier, nous avons dû nous rendre à l’évidence que la relève tant espérée n’était pas au rendez-vous et que les pionniers de la première heure ne pouvaient pas à eux seuls faire tout le travail pendant encore longtemps », ont écrit les membres actuels du conseil d’administration du REPEX présidé par intérim par Éliane Lamontagne, en remplacement de Stéphane Willard, dans un communiqué publié le 20 janvier sur le site Web de l’organisme.

« À tous les membres fondateurs, un grand merci et croyez que le travail accompli n’a pas été en vain. Nous avons réussi à créer un réseau qui va devenir informel, mais qui demeure. Nous avons réussi à gagner en crédibilité auprès des instances gouvernementales. C’est dommage que nous n’ayons jamais pu obtenir les subventions qui nous auraient permis d’avoir une permanence et au moins un employé à temps plein. Ceci nous aurait sans doute facilité la tâche pour recruter des administrateurs. Dans l’état actuel des choses, un petit nombre d’administrateurs devaient se charger de la gestion quotidienne au détriment, quelquefois, de leurs affaires professionnelles », ont renchéri les administrateurs.

Tant bien que mal depuis plus de quatre ans, le REPEX tentait de consolider ses assises et de se tailler une place enviable au sein d’une industrie regorgeant d’organismes et se montrant fort dynamique. À lui seul, le site Web du REPEX constituait une mine intéressante d’informations autant pour toute personne néophyte que celles bien au fait des dernières tendances en matière d’importation et surtout d’exportation. Quiconque voulait diversifier ses contacts dans l’industrie et se tenir informé des missions commerciales et autres activités que tenaient différentes instances politiques et moult associations liées de près ou de loin au REPEX pouvait trouver de nombreux liens à parcourir sur ce site Web.

La disparition du REPEX demeure regrettable parce que dans l’âpreté du contexte économique sévissant sur la scène mondiale depuis deux ans, elle illustre malheureusement trop bien les temps ardus que connaissent les entreprises exportatrices. Difficile de se faire une niche sur les marchés extérieurs dans une atmosphère où le protectionnisme américain s’avère notamment accentué par la hausse du dollar canadien au détriment de la devise de nos voisins du Sud. Trop de manufacturiers et exportateurs avaient probablement d’autres soucis à régler avant de pouvoir consacrer suffisamment de temps à renforcer les assises argileuses d’une jeune organisation.

Nul ne pourra reprocher aux dirigeants et autres bénévoles du REPEX de n’avoir pas tout mis en œuvre pour tenter de dynamiser cette association et d’en faire une référence dans l’industrie. La dissolution de cette corporation constitue au bout du compte un résultat nettement inférieur aux efforts déployés pour en assurer la viabilité.

Au cours des deux dernières années, Gestion & Logistique a été témoin de ces remarquables efforts. La tenue à quatre reprises du Sommet des professionnels de l’exportation et la qualité des conférences présentées lors de cet événement automnal se sont avérées des exploits colossaux pour une jeune organisation sans adresse permanente et devant composer avec des moyens financiers et des ressources humaines fort limités.

La mise en place et le lancement en 2008 d’un inventaire commenté des outils financiers existant à l’international et destinée aux entreprises manufacturières québécoises pour les aider à se lancer sur les marchés internationaux demeureront certes des éléments majeurs dans la courte histoire du REPEX. La confection de ce document - une version préliminaire d’un répertoire d’organismes publics, d’outils et de programmes de financement - trouvait sa valeur dans sa présentation par catégories tant des programmes gouvernementaux d’aide financière existants que des initiatives issues de banques et d’intervenants du secteur privé pour favoriser le développement de projets à l’extérieur du Québec et du Canada.

De plus, cet outil mis en ligne sur Internet était appelé à se voir constamment mis à jour et bonifié. Il serait souhaitable qu’un tel document ne tombe pas dans l’oubli et que sa mise ne soit pas interrompue avec la disparition du REPEX, d’autant plus que la Chambre de commerce de l’Est de l’Île de Montréal, la Société financière Maple, SAGEF International, AECI Canada, Millenium, Marsh, Exportation et Développement Canada (EDC) et la Banque Laurentienne, via ses services MAXAFFAIRES, avaient collaboré à l’élaboration de la version préliminaire de l’inventaire.

Les dirigeants du REPEX auraient beau jeu en transférant la plus récente version de ce document à une autre association oeuvrant à des fins similaires et voyant un intérêt à reprendre le flambeau.

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