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Secteur manufacturier et environnement

Par : Eric Cloutier

Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades, a ouvert cette journée industrielle en expliquant que la compagnie œuvrant dans le domaine de la fabrication, de la transformation et de la commercialisation de produits d’emballage et de papiers tissu composés principalement de fibres recyclées a mis de l’avant une série de mesures pour réduire sa consommation d’énergie.
« Nous sommes convaincus des objectifs de l’écoénergie. Notre objectif est de réduire de 3 % notre consommation d’énergie par unité de production annuellement, afin de demeurer de plus en plus compétitif », a lancé M. Lemaire.

« Depuis trois ans, on a également investi beaucoup d’argent en logistique du transport. Si Cascades faisait elle-même et en totalité le transport de nos marchandises partout au Canada, la compagnie posséderait la plus grosse flotte de transport au pays », a-t-il ajouté.

Cascades, qui a actualisé sa mission environnementale en 2007, a pris une série d’engagements en matière de performances environnementales et énergétiques à l’issue du premier colloque Environnement, Innovation et Énergie qu’elle avait organisé cette année-là.

En matière d’environnement, Cascades s’était engagé à réduire de 15 % à 30 % ses débits d’effluent, effectuer une revue complète des pratiques de gestion de l’eau, des encres et des colles dans ses usines de transformation, augmenter la déshydratation des résidus, réintroduire certaines pertes en fibres dans les procédés de carton plat, renforcer son programme de récupération multimatières et élaborer systématiquement des calendriers de tâches pour identifier clairement les responsabilités environnementales de chaque usine.

Au chapitre de l’énergie, Cascades a entre autres nommé un champion énergie dans chacune de ses usines. Un membre du Groupe d’intervention en énergie (GIE) a également été inclus dans chacun des groupes de travail de chaque secteur d’activité de la compagnie. Elle a aussi embauché des ingénieurs placés sous la responsabilité du GIE pour une période de trois ans. Ces ingénieurs seront ensuite attitrés aux secteurs d’activités qui en feront la demande. Cascades s’est également engagée à tenir, à tous les six mois, une rencontre d’information sur ses activités énergétiques avec les présidents, directeurs généraux et la direction du GIE, en plus de demander un suivi mensuel des indicateurs de performance en énergie par ses directeurs généraux et ses directeurs d’usines.

Quelques programmes de subventions

Parmi les autres conférenciers présents lors de la journée industrielle, Alain Daneau, de l’Agence de l’efficacité énergétique, a fait état des nouveaux programmes et autres initiatives reliés à l’efficacité énergétique que l’Agence a lancés en 2008-2009 pour les PME et les grandes entreprises. M. Daneau a notamment parlé du Programme d’appui au secteur manufacturier (PASM) qui constitue un plan général d’aide avec un volet d’efficacité énergétique, c’est-à-dire l’obtention d’une réduction durable de la consommation des combustibles légers (mazout, propane, butane). Il s’agit d’un programme financé par le Fonds vert dans le cadre du Plan d’action sur les changements climatiques 2006-2012.

« Il s’agit d’un programme d’aide financière en deux volets. Le premier volet porte sur l’analyse pour lequel l’Agence offre un soutien pour le financement d’analyses énergétiques, d’analyses de la valeur, d’études de faisabilité et d’analyses d’intégration des procédés visant la consommation de combustibles légers. Le second volet permet à des entreprises d’obtenir du financement pour permettre l’implantation de mesures durables visant à réduire la consommation de combustibles légers », a expliqué M. Daneau.
Pour une analyse énergétique, de la valeur ou une étude de faisa­bilité entre autres, l’Agence de l’efficacité énergétique offre une aide financière limitée à 50 % des coûts admissibles de l’analyse liés aux combustibles ciblés pour un cumulatif de 25 000 $ par site. Pour une analyse d’intégration, l’Agence prévoit, encore une fois, une aide maxi­mum de 50 % des coûts admissibles de l’analyse liés aux mêmes combustibles ciblés pour un cumulatif de 100 000 $ par site.

Pour sa part, Éric Gingras, de l’Office de l’efficacité énergétique, le pendant fédéral de l’Agence d’efficacité énergétique, a tracé les grandes lignes du Programme d’économie d’énergie dans l’industrie canadienne (PEEIC) existant depuis 1975 dans le cadre d’un partenariat entre le secteur industriel et le gouvernement fédéral via le ministère des Ressources naturelles du Canada et ses « initiatives écoÉnergie pour l’industrie » et « écoÉnergie Rénovation ». Ce programme vise à réduire l’intensité énergétique du secteur industriel canadien et à encourager les entreprises à réduire leurs coûts en adoptant des mesures éco­énergétiques pour augmenter leur productivité et diminuer leurs émissions de gaz à effets de serre.

« Notre approche consiste à sensibiliser les entreprises, augmenter leurs connaissances en matière d’économie d’énergie et à identifier avec elles les possibilités pour sauver de l’énergie », a souligné M. Gingras.

L’incitatif écoÉnergie s’adresse aux petites et moyennes entreprises de 500 employés et moins dans des secteurs industriels non réglementés. Il peut être combiné avec d’autres sources de financement. Le montant du financement est déterminé en fonction de la plus basse des deux sommes suivantes : 1) 10 $ par gigajoule (JG) d’économie estimative ou montant nécessaire pour réduire le remboursement simple à une période minimum d’un an, après avoir tenu compte le financement par d’autres sources; 2) plafonnement à 25 % du coût du projet jusqu’à concurrence de 50 000 $ par demande et 250 000 $ par organi­sation au total.

De leur côté, Audrey Belley et Guy Desrosiers, gestionnaires des programmes ­d’efficacité énergétique, Études et encouragement à l’implantation pour le Groupe Datech, une division en ingénierie de Gaz Métropolitain, ont indiqué que cette compagnie compte 27 programmes de financement visant la ­promotion des technologies hautement efficaces et la réalisation d’activités de recherche permettant de dépister de nouvelles avenues pour fins de chauffage d’air et d’eau pour l’ensemble des clients de Gaz Métro.

« L’aide financière qu’offre Gaz Métro vise à atténuer une partie du surcoût lié à l’acquisition d’un appareil à haute efficacité énergétique. Cette aide consiste également à permettre la réalisation d’études de faisa­bilité et l’implantation de diverses mesures efficaces pour les clients des marchés commercial, institutionnel et de la grande entreprise », a mentionné Mme Belley.

Elle ajoute que Gaz Métro est présente en efficacité énergétique depuis 2000 et qu’il existe plusieurs programmes complémentaires au Programme de gestion de ­l’efficacité énergétique (PGEÉ) et inclus dans le Fonds en efficacité énergétique (FEÉ).

« Le FEE vise l’enveloppe d’un bâtiment et les technologies innovatrices, de même que la clientèle des marchés résidentiel et affaires, les clients à faible revenu ou les organismes à vocation communautaire ou sociale pour le marché résidentiel », a ajouté Mme Belley.

Expliquant entre autres les programmes d’efficacité énergétique pour grandes entreprises, Audrey Belley et Guy Desrosiers ont souligné qu’ils se divisent en deux catégories : les programmes d’acquisition d’appareils plus efficaces, tels que des chauffe-eau, chaudières et unités de chauffage, et le programme d’études et d’encouragement à l’implantation de mesures d’efficacité énergétique. Ce dernier programme compte deux possibilités d’études de faisabilité par une firme de génie-conseil participant ou d’un client de Gaz Métro participant : une étude générale, dont l’aide financière correspond à 50 % du coût de l’étude jusqu’à un montant maximal de 5000 $, et une étude spécifique dont l’aide financière équivaut à 50 % du coût de l’étude, et cela jusqu’à un montant maximal de 20 000 $. Vient ensuite le volet de l’encouragement à l’implantation de mesures d’efficacité énergétique pour optimiser l’utilisation du gaz naturel pour une contribution financière de Gaz Métro de l’ordre de 0,10 cents à 0,25 cents du mètre cube de gaz naturel économisé, jusqu’à une somme maximale de 175 000 $.

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