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LES TRANSPORTEURS ROUTIERS ET LEURS SERVICES

Par : Christian Bolduc

DHL est une entreprise allemande aux ramifications mondiales. Possédant plus de 120 000 véhicules, DHL emploie quelque 300 000 employés répartis dans plus de 220 pays à travers le monde. Cette entité, fondée en 1969 à San Francisco, en Californie, est consciente de l’impact que ses activités ont sur l’environnement. Pour en réduire au maximum les impacts négatifs, mais aussi pour améliorer son image d’entreprise écoresponsable, elle a développé le programme « GoGreen », une initiative qui vise à améliorer son efficacité énergétique de 30 % d’ici l’année 2020.

Comment vont-ils procéder pour arriver à leurs fins? Par la compensation, justement. La compensation est un programme qui se déploie en trois étapes. On calcule d’abord ce que ça coûte  en émissions de CO2 pour envoyer un colis. Par exemple, DHL nous dit qu’un colis de 5 kg effectuant le trajet Montréal/Bahreïn émet quelque 47 kg de CO2 dans l’atmosphère.

Ensuite, on calcule comment on peut éliminer cette trace par des initiatives écoresponsables. Enfin, des projets sont mis sur pied pour réduire cet impact de leurs activités sur l’environnement.

Si certains projets réussissent à éliminer directement la trace - on pense ici à un projet de reforestation au Brésil ainsi qu’à un autre projet de captage de méthane en Allemagne - d’autres projets servent à compenser indirectement les rejets de CO2 dans l’atmosphère: projet d’usine d’hydroélectricité au Brésil et initiatives à l’énergie solaire au Sri Lanka et en Inde.

Le programme GoGreen a permis, à ce jour, de compenser les 16 000 tonnes de CO2 émises par DHL et d’atteindre l’objectif carboneutre. Chaque entreprise recevra, conséquemment, un certificat sur lequel on attestera leur contribution à l’environnement par l’utilisation du programme GoGreen de DHL.

Initiatives intégrées

La justification derrière un tel programme est facile à faire pour une entreprise de courrier consciente des conséquences consécutives à la pollution engendrée par ses activités. On a qu’à penser que la logistique est responsable de 14 % des émissions mondiales des CO2. Il faut également prendre en compte l’augmentation continue du parc de véhicules dans le monde, notamment au Canada où Environnement Canada note une augmentation de 43 % des gaz à effet de serre depuis 1990 dans ce domaine.

En considérant les 57 mégatonnes de CO2 émises par le transport de marchandises en 2006 au Canada dont 200 000 tonnes en biens et colis par l’industrie du courrier, il n’est pas étonnant de constater que ce type d’activités contribue fortement au réchauffement climatique global, d’autant plus que d’ici 2020, Statistique Canada anticipe une augmentation de plus de 60 % du transport de marchandises au pays du castor.

En Amérique du Nord seulement, les émissions de CO2 consécutives au commerce canado-étasunien feront, en 2020, plus de 400 % du niveau de 2009. Si on ajoute l’Europe, l’Asie - dont la Chine et l’Inde, les deux pays les plus populeux du monde où la  croissance économique et la plus marquée - l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Australie, ces chiffres feraient frémir le plus inconscient des êtres humains.

Pour un joueur aussi important que DHL dans l’industrie mondiale du courrier, multiplier les initiatives menant à une réduction des impacts du transport permet non seulement d’apaiser sa conscience corporative en présentant une image écoresponsable à sa clientèle et au public en général, mais lui offre, au fil d’arrivée, la possibilité de réduire ses coûts de plusieurs façons, donc de rentabiliser cette initiative.

Si DHL souhaite compenser, avec « GoGreen », un pourcentage non négligeable de la pollution de l’air générée par ses activités commerciales, plusieurs autres initiatives ont été greffées à cette fameuse compensation par la maison mère pour décupler l’efficience de ses actions corporatives.

Il faut tout d’abord être capable de faire le ménage de sa cour si on veut convaincre les autres de la véracité de son leadership. Une réduction significative de la consommation à l’interne et de son corollaire, le gaspillage, se veut un bon point de départ. Le siège social de DHL a donné l’exemple en utilisant un système intelligent de gestion de l’énergie, réduisant du même souffle un quart sa consommation d’électricité.

Plusieurs bureaux de la compagnie - Allemagne, France, Belgique, Danemark, République Tchèque, Autriche, Suède et Royaume Uni - ont emboîté le pas en utilisant des sources renouvelables d’énergie pour générer 68 % de l’électricité consommée.

Les employés, dit-on chez DHL, ont aussi été mis à contribution pour améliorer le rendement « vert » de l’entreprise. À l’aide de concours et des campagnes de sensibilité, ceux-ci se voyaient défiés par leur employeur pour trouver les meilleures idées applicables dans leur unité respective. De méthodes de travail plus économiques à une utilisation plus judicieuse des ressources disponibles en passant par le recyclage (notamment chez DHL France) et la récupération, tout y passe pour réduire cette fameuse trace polluante.

Mais ce qui importe davantage pour l’avenir de notre environnement se trouve dans la cour de DHL: les véhicules. Comme nous le disions en début de reportage, la flotte mondiale de véhicules de cette entreprise de courrier atteint les 120 000 unités.

C’est évidemment ici que la compagnie peut agir le plus efficacement en matière de réduction des émissions polluantes. Pour cela, il faut trouver des sources alternatives de carburant qui génèrent moins de CO2. DHL les nomme carburants de remplacement.

Que se soit le biogaz, le biodiesel, le gaz naturel ou le gaz de pétrole liquéfié, DHL fait le pari que les tests en laboratoire vont être concluants en regard des objectifs énoncés précédemment.

Enfin, la compagnie a introduit des carburants « non classiques » dans 700 de ses véhicules. On parle ici notamment de gaz naturel (moins polluant que le pétrole et le gazole), de biogaz et de biodiesel à base d’huile végétale. Et si on ajoute à cela une sensibilité corporative lors du renouvellement progressif des flottes, laquelle oriente ses achats vers des produits davantage écoénergétiques que ceux des générations précédentes, nous avons un tableau assez complet des initiatives de cette transnationale allemande.

Avec cette conscientisation de plus en plus répandue dans l’industrie du transport, il ne reste qu’à espérer le jour où les marchandises seront transportées sans laisser aucune trace polluante derrière les camions...

Saviez-vous que ?

http://www.shipgooder.com/ est une entreprise Web qui trouve, pour vous, les compagnies de courrier et les prix à l’envoi de colis à partir de codes postaux (point de départ de point de chute) étasuniens et canadiens.

Basée à Toronto, en Ontario, Ship Gooder vous permet maintenant de choisir, si vous le désirez, un service de courrier écoresponsable pour l’envoi de vos colis. Sautant dans le train de l’écoresponsabilité, la compagnie offre, depuis le début du mois de novembre, ce service supplémentaire à ses clients sensibles aux questions environnementales.

Pour y arriver, vous n’avez qu’à accéder à la fenêtre verte de la page d’accueil, laquelle indique la section où vous pouvez trouver les compagnies de courrier qui utilisent des moyens de transport tels le vélo, les véhicules hybrides ainsi que le carburant à base de gaz naturel. Ces entreprises sont identifiées par une feuille d’arbre verte dans la liste des compagnies existantes. De cette façon, vous serez en harmonie avec vos valeurs écologiques.

Le seul hic avec ce site canadien est l’inexistence de service en français.

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