Line


Abonnements





LE DRAME D'UN MATÉRIAU AYANT LES DÉFAUTS DE SES QUALITÉS

Par : Eric Cloutier

À la lumière des travaux de recherche et de développement effectués depuis quelques années par des scientifiques du Centre d'études des procédés chimiques du Québec (CÉPROCQ), du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) de Sorel-Tracy et du Centre de technologie minérale et de plastique (CTMP) de Thetford Mines désireux de trouver un moyen pour recycler et réutiliser le PSE, on peut douter que l'utilisation limitée du polystyrène soit l'unique solution, voire la plus adéquate, à considérer.

Ces chercheurs font remarquer avec justesse que le PSE constitue notamment un matériau non toxique, non cancérigène, inerte, stable dans le temps, peu lourd (puisque constitué à 98 % d'air), résistant à la chaleur, au froid, à la compression, aux chocs, en plus de s'avérer étanche à la pluie et à la poussière. Le PSE offre surtout un très bon rapport qualité/prix et nécessite seulement 0,1 % de pétrole pour sa fabrication. Ils estiment également que pour instaurer un programme de recyclage du PSE, Québec devrait d'abord déterminer le type de collecte qu'il veut implanter, son organisation, la participation des centres de tri, les traitements adaptés du polystyrène en fonction de son type, de sa couleur et de son état de propreté, tout en évaluant les coûts de traitement et les bénéfices d'une telle démarche.

L'une de ces scientifiques, la chimiste Fabienne Biasotto, du CÉPROCQ, faisait partie des invités de la 3e Conférence internationale en écologie industrielle organisée par le CTTÉI, les 14 et 15 octobre, au Cégep de Sorel-Tracy. Elle mentionnait, dans une présentation sur l'état d'avancement des travaux de cette équipe, que le gouvernement du Québec n'a jusqu'à présent démontré aucune volonté politique pour mettre en place des initiatives de récupération et de valorisation du polystyrène. Les intentions manifestées par le MDDEP face au polystyrène dans le plan d'action de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles confirment sans l'ombre d'un doute les propos de cette dame.

Le plus déplorable dans les écrits du MDDEP demeure l'absence de mention concernant une éventuelle possibilité de valorisation, de récupération et de recyclage du PSE. D'autant plus que le Japon, par exemple, a recyclé plus de 83 % du PSE produit et utilisé sur son territoire en 2008 et qu'au Québec, la quantité générée de polystyrène en 2001 était de 53 000 tonnes. Près de la moitié de ce polystyrène provient des secteurs institutionnel, commercial et industriel.

Dans l'état actuel de la situation, plusieurs diront que les appréhensions du MDDEP face aux coûts de transport onéreux pour acheminer du PSE à des usines de recyclage demeurent légitimes pour au moins trois raisons. Les compagnies de transport facturant un chargement de PSE au poids total de celui-ci, une cargaison du genre, à cause de son poids léger et de sa faible masse volumétrique, coûterait extrêmement cher à déplacer vers un centre de récupération de matières résiduelles. De plus, la superficie du territoire québécois s'avère vaste, ce qui n'aidera pas à réduire ces coûts de transport. Enfin, le PSE est exclu des programmes de collecte sélective et les entreprises préfèrent le faire enfouir parce que le coût d'enfouissement au tonnage s'avère raisonnable.

De tels facteurs ne favorisent évidemment pas d'emblée l'implantation d'un programme de recyclage du PSE. Cependant, fermer rapidement les yeux sur d'intéressantes possibilités de valorisation d'un matériau comportant autant d'avantages constitue une attitude regrettable. Il n'est pas dit que les entreprises manufacturières et commerces de détail renonçant à utiliser le PSE dans leurs emballages de produits alimentaires ou autres trouveront un matériau contenant aussi peu de pétrole.

Au moment où des scientifiques cherchent un moyen de diminuer les coûts de transport du PSE et de traiter autant le polystyrène souillé que propre, il serait prématuré de condamner ce produit uniquement sur des facteurs extérieurs à sa conception et à ses applications.

Aussi difficile fut-elle au plan économique, l’année 2009 s’achève enfin. À cette occasion et au nom des Éditions Bomart, il me fait plaisir, fidèles lecteurs de Gestion & Logistique, de vous souhaiter nos meilleurs vœux à l’occasion de cette période de réjouissances !

<< Retour

Recherche
Éditorial
par Eric Cloutier

Le développement durable ou la voie manufacturière obligée

Toute PME ou grande entreprise manufacturière oeuvrant, de nos jours, en production industrielle ou ailleurs dans la chaîne d’approvisionnement n’a d’autre choix que celui de démontrer un intérêt et des efforts soutenus pour l’adoption et la promotion de saines pratiques en matière d’environnement et de développement durable. Dans un avenir fort rapproché, toute entreprise réfractaire à ces choix de société majeurs sera comparable à un conducteur de locomotive s’acharnant à envoyer son convoi ferroviaire sur une voie d’évitement ou, pire encore, à le faire carrément dérailler.

Suite
Coup de coeur
Piché entre ciel et terre

Un film à voir, ne serait-ce que pour en savoir un peu plus sur la vie du commandant Robert Piché, le pilote d’un avion d’Air Transat qui, par son instinct et son sang-froid, a sauvé plus de 300 passagers en réussissant un atterrissage d’urgence aux Açores en août 2001. Un film à voir également pour applaudir la performance de l’acteur Michel Côté et de son fils Maxime Le Flaguais; Le Flaguais incarnant le jeune Piché, celui de la fin des années 70 et de la première moitié des années 80 au cours desquelles a eu lieu son incarcération aux États-Unis, et Côté personnifiant le commandant Piché en 2001 et 2002.

Suite
Sondage

De combien d’associations professionnelles spécialisées en logistique et/ou en approvisionnement faites-vous partie?

Voter