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En  uête de solutions


Nous examinons ce mois-ci l’industrie du textile, avec données et explications à l’appui (données de Statistique Canada principalement, accompagnées de précisions de Philippe Richer, directeur associé à Industrie Canada, et de Linda Cyrenne, chargée de projets et ­responsable des communications pour le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du textile du Québec).

Tout d’abord, ces deux intervenants ont insisté sur l’importance de bien faire la distinction entre l’industrie du textile et celle du vêtement. « En ce qui concerne les usines de textiles, ce sous-secteur comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer des filés ou des tissus en textile, ou encore à faire la finition de filés. Sont alors inclus les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer à la fois des tissus et des produits en textile. Sont donc exclus de cette catégorie les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer des vêtements », explique tout d’abord Philippe Richer.

Madame Cyrenne renchérit : « Le textile, c’est la fabrication de fibres, de fils, de tissés, de non tissés et de touffetés. Ce secteur ­d’activités comprend également les processus de finition tels que la teinture, les protections hydrofuges, avec anti-microbiens, etc. Et lorsqu’il s’agit de confection, alors cela ne fait plus partie de notre secteur. Au Québec, on compte 435 compagnies qui oeuvrent dans le domaine du textile, ce qui représente 20 000 emplois. »
Autre précision apportée par Mme Cyrenne : « Les conditions sont très variées. Parmi les emplois dans ce secteur, on compte notamment des opérateurs, des concepteurs de production, des teinturiers ou encore des technologues en recherche et développement. Il faut également noter que ces emplois nécessitent des équipements sophistiqués. »

À la question portant sur la compétition avec la Chine, et aussi la perte d’emplois au profit de l’Asie, Mme Cyrenne répond : « Les fermetures sont reliées aux entreprises de ce secteur qui fabriquent en grande quantité et à faible valeur ajoutée. Certes, nous n’échappons pas à la pression de la Chine.

Toutefois, l’accent ici est mis, et ce depuis une dizaine d’années, sur le textile technique. » Explications : « Prenons l’exemple du tissu militaire avec des propriétés infrarouges. Il est question ici de plus que du simple camouflage : l’individu devient invisible, donc impossible à détecter. La protection qui se retrouve dans un tel tissu est ainsi synonyme de sécurité. »

Quelques autres exemples de Mme Cyrenne font foi de la valeur ajoutée des produits provenant de l’industrie du textile : « Il existe des compagnies qui tissent des fibres de carbone; et lorsqu’on les met dans la résine, elles servent à fabriquer des parois pour les locomotives. C’est à la fois léger et résistant. Ce matériel sert également à la fabrication de véhicules blindés pour l’armée ou encore la police. Nous pouvons également penser au tissé qui sert à arrêter les balles, pour à la fois ­augmenter la performance et le confort. Les vestes pare-balles sont maintenant plus légères, ce qui facilite les mouvements de ceux qui doivent en porter. En plus d’être sécuritaires, elles constituent pratiquement une ­seconde peau. Aussi, les coques de bateaux, et aussi de kayaks, sont ­fabriquées à partir de fibres de verre tissées et ­superposées, ce qui permet notamment de répartir la force et la performance. » Ce qu’il faut retenir du textile technique donc : il assure la sécurité et la performance.

Madame Cyrenne tient également à signaler que beaucoup d’entreprises oeuvrant dans le secteur du textile se penchent sur l’aspect écologique et le développement durable dans leurs opérations. « Pour avoir le moins de pertes possible, la tendance est à la récupération; une attention est portée au développement durable dans cette industrie. »

Quelques chiffres maintenant, histoire de bien saisir l’importance du secteur du textile au Canada. Selon Statistique Canada, l’industrie canadienne du textile comptait en 2005 quelque 1 417 établissements et employait environ 41 515 travailleurs.

Sachez également que l’industrie du textile est intervenue pour 1,2 % du produit intérieur brut du secteur manufacturier, 1,2 % des investissements au chapitre de la fabrication et 2,4 % de l’emploi dans le secteur manufacturier.

Dans notre prochaine chronique EnQuête de solutions, nous poursuivrons notre examen de l’industrie du textile, avec d’autres explications concernant son profil, et avec, bien sûr, d’autres statistiques à l’appui.

Prochaine question

Quels sont les faits saillants à connaître quant à l’industrie du textile (la suite) ?

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Éditorial
par Eric Cloutier

Pour en finir avec le 21 décembre 2012

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